Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l’amico misteriosamente scomparso in Africa? 1968 French Français

Posted by on June 25, 2012

movie image

Télécharger Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l’amico misteriosamente scomparso in Africa? 1968 French Français

NOS HÉROS RÉUSSIRONT-ILS
À RETROUVER LEUR AMI
MYSTÉRIEUSEMENT
DISPARU EN AFRIQ UE ?
Tullio !
Que se passe-t-il ?
On fait du surplace ?
Il est 13 h 15. Réveillez-vous !
Instructions pour Silvana.
8 h 30 : convoquer Santucci,
pour projet
“La pêche sous-marine de A à Z”.
Souple, couverture plastifiée.
Idéal à lire sur la plage.
9 h 30 : rendez-vous avec Bossi.
Pourquoi dois-je le voir ?
– C’est quoi ?
– Pour le contrat STP Magazines.
Dites-le !
10 h 30 : convoquer Lombardozzi
pour projet “As de la littérature”.
Nos éditions ont aussi
un programme culturel !
Prix sacrifiés :
300 lires un Balzac.
11 h : équipe “Titres”
dans mon bureau.
Les titres pour encyclopédie football
sont puériles et périmés.
Soyons percutants !
Des idées claires !
Soyons dans le vent !
D’après le consul à Luanda,
votre beau-frère, Oreste Sabatini,
est arrivé en Afrique portugaise
en septembre 1965.
À partir de mai 1966,
il ne donne plus
de nouvelles à sa femme.
Colonel, à votre avis,
il est mort ou disparu ?
Ne m’interrompez pas.
J’en viens aux faits.
On signale la présence de Sabatini
dans l’extrême sud angolais,
à Namakoundé,
territoire des Boshimans.
Ceux qui sont tout petits ?
Non, très grands.
Ce sont les ancêtres des Watussis.
Les célèbres bushmen,
hommes de la brousse.
La nouvelle qu’il serait mort
près des chutes du Duc de Bragança
est totalement infondée.
En mars 67, un marchand d’ivoire
l’aperçoit sur un bateau fluvial
à destination de Toumboué,
au bord du Rio Kunene,
fleuve des hippopotames,
riche en gisements aurifères.
Paradis.
Purgatoire.
Purgatoire…
Enfer.
Diable.
Cornes.
Taureau.
Lait.
Mozzarella.
Hippopotame.
Fausto !
Hippopotame ? Quel est le rapport ?
Quelle est l’analogie
avec mozzarella ?
On peut utiliser
du lait d’hippopotame.
Je suis chez moi.
Je fais et dis ce que je veux.
Excusez-le. Il est surmené.
Il devrait se reposer un peu.
On reprend à mozzarella ?
Un, deux… Mozzarella.
Fromager.
Faire passer les fascicules
“Sexe et Érotisme”
de la section Sciences
à la collection pour enfants.
18 h :
librairie Frattina
pour présentation
collection “Loisirs et temps libre”.
Dire à Galeazzi d’écrire
mon discours improvisé.
Prendre rendez-vous avec M. Guizzi.
Terminé.
M. le comptable,
allez remettre la cassette à Silvana.
Réservez mon vol pour Milan
et revenez ici avec le truc.
Quel truc, patron ?
Quel truc…
Comment ça s’appelle ?
– La voiture ?
– Bien sûr ! Quoi d’autre ?
Pourquoi dois-je voir Guizzi ?
Espérons qu’il le saura, lui.
Mario !
Mozzarella et jus de tomates.
Dans 15 minutes.
Oui, monsieur.
– Salut, Di Salvio.
– Salut, ça va ?
La forme, comme un lion !
Je ne dispose que de 10 minutes.
À 15 h,
j’ai rendez-vous avec Tanzinger.
Tu l’as accroché !
Fausto ! J’ai réussi
à faire baisser mon handicap.
Bravo !
À Toumboué,
les traces ténues d’Oreste Sabatini
sont comme englouties
par les chutes imposantes
du Duc de Bragança.
Pour repérer
des traces plus fraîches,
il faut envoyer
quelqu’un sur place.
Salut, papa ! Je sors.
C’est normal. Il est minuit.
Salut, John.
Bonsoir, monsieur.
Votre belle-sœur est là.
Bonsoir.
Regarde qui est là, Marisa !
Il était temps que tu rentres.
Marisa, cesse de boire,
je t’en prie.
Puisqu’on perd la trace de mon mari
à Toumboué…
Puisqu’on a perdu sa trace,
on fait une croix dessus ?
Que fait-on ? Je porte le deuil ?
Marisa, c’est une fixation !
Tu veux qu’il soit mort ?
Nous enverrons quelqu’un sur place.
On dépensera un peu plus.
Oui, oui.
On n’aurait jamais dû
le laisser partir.
Qui accuses-tu ?
C’est lui qui a voulu partir.
C’est votre faute.
Il étouffait dans cette ville.
Vous avez rendu Rome invivable.
Vous l’avez fait fuir.
Bande de lâches !
Il a préféré la vraie jungle.
Ici, il doutait de lui,
il se sentait frustré, sous-estimé.
– Assez !
– Il n’était pas comme Fausto.
Pourquoi, comment je suis ?
Tu es différent.
Tu es chez toi,
avec ta femme, ton fils.
Tu es riche, heureux, tu as réussi.
Alors que le pauvre Titino…
Qu’est-ce qu’il y a ?
Ta sœur a dit : “Le pauvre Titino”.
J’ai bien compris ?
Elle a dit : “Le pauvre Titino”.
Et j’ai cassé une fiasque.
Oui, oui !
Putain de garce de vie !
Ce n’est pas lui, le pauvre,
mais moi qui suis ici,
devant vous,
avec des éclats de verre
dans la main.
– Tu t’es blessé ? Montre.
– Oui, non !
Je me suis blessé,
mais je ne te montre pas.
Ici, on meurt !
Je suis un lion.
Ici, même les lions meurent.
On plaint Titino !
Lui, il a connu
le silence des grands fleuves.
Moi, je ne connais
que le crissement
de vos voix irritantes.
Cornes, lait, vache, mozzarella…
Ras le bol de la mozzarella !
Et ras le bol de vous aussi,
d’accord ?
Calme-toi !
John !
Vous ne voyez pas
comment nous vivons ?
On joue au golf,
on part en week-end avec le yacht,
je fais une party,
toi, un cocktail.
John, un drink pour moi.
Bordel d’une pipe en bois !
Te voilà, toi. Viens ici.
Voici John. Ça, c’est John ?
Il est de Bari,
pourquoi tu l’appelles John ?
Tu as un fils ? Oui, bien sûr.
C’est un fils ? Ce blondinet ?
Où va-t-il traîner ?
Viens ici, Rita.
Regarde-moi. Tu me vois ?
Tu vois ce visage ?
Il a lancé la collection :
“Les grands amours de notre époque” !
D’accord ?
J’ai les idées claires.
C’est moi qui irai sur place !
C’est moi qui irai chercher Titino !
C’est moi qui irai en Afrique !
Déposez-nous à l’aéroport
et apportez la cassette à Silvana.
Je peux la lui apporter moi-même.
– Non, vous partez avec moi.
– Moi ?
– Oui.
– En Afrique ?
Surpris ?
Je ne vous l’avais pas dit ?
– Non.
– Non ? Et pourquoi ?
– Pourquoi ?
– Trou de mémoire, amnésie…
Désolé !
Tullio, on va chercher
une valise chez le comptable.
Content ?
On va en Afrique !
Vous imaginez ?
Voilà qu’un vieux rêve
devient réalité.
Nous quittons désormais ce taudis !
Nous sommes deux hommes
qui partent
à la recherche d’un autre homme.
Prenez quelque chose.
Ne me laissez pas tout porter.
– Il me filme. Il a raison.
– En effet.
Un, deux, c’est moi.
Essai micro.
Carnet de voyage n° 1.
6 h 30 : avons quitté Luanda,
faisons route vers Toumboué,
dernier lieu où Titino a été vu.
Acheté Land Rover d’occasion,
mais en parfait état, bien équipée.
Engagé Portugais Durabal,
safariste et grand chasseur
de vaste expérience africaine.
Il parle bien l’italien.
Je vais lui poser
quelques questions sur lui.
Voulez-vous me parler
un peu de vous ?
C’est clair.
La vie du désert et les silences
de la savane rendent
ces hommes réservés,
taciturnes, impénétrables.
Et un peu cons aussi.
Avant ce soir,
nous ferons halte à Mingou.
Et demain, nous serons à Toumboué.
Quoi ?
Des autruches !
– Ce sont des autruches ?
– C’est évident.
Fichez-leur la paix.
Elles sont dangereuses.
Pourquoi ?
Elles attaquent l’homme ?
Pourquoi ?
Engorgement de la pompe à eau ?
Ça arrive.
Qu’est-ce que vous fabriquez ?
Merci, patron.
Magnifiques !
Euphorbia angolensis,
famille des euphorbiacées
ou cucurbitacées, j’ai oublié.
Superbe ! Spécimen typiquement
monandre et pédonculé.
Très similaire à nos citrouilles.
“Encyclopédie du petit naturaliste”.
M. le comptable, regardez !
Notre premier aborigène !
Moi, editor Di Salvio.
Eux, mes collaborateurs :
Palmarini et Durabal.
Moi, vous, eux, tous frères.
Hermanos.
Comment dit-on, Durabal ?
Couleur peau, no conta nada.
Exact. Tous égaux.
Durabal, traduisez !
Il veut communiquer.
Dites-lui que nous sommes
tous frères.
Traduisez !
Où allez-vous ?
Attendez, monsieur !
Pourquoi il a fui ?
Pourquoi il a eu peur ?
Peur des Blancs.
J’avais dit que nous étions frères.
Moi, pas frère de Noir.
Écoute, caçador,
tant que tu es avec moi, tu obéis.
– Toi es avec moi.
– Ah oui ?
Depuis esto momento,
nosotros nous séparons.
Vous avez entendu ?
Donnez-lui son dû.
– Tout de suite ?
– Oui !
On va voir qui commande.
Je vais t’apprendre à dire nau.
Tu es déjà resté trop longtemps,
à mon goût.
Non, pas de récépissé.
Viré sur-le-champ.
Du vent ! Dépêche-toi !
Fiche le camp, va-t’en, dégage !
Sans blague.
Prends tes haillons et détale !
Tu vas voir qui je suis !
On le laisse à pied dans le désert ?
Oui, ça lui apprendra.
Il boycotte ?
Il n’est pas frère du pygmée ?
Pas le mien non plus.
Et dire que tu es
compatriote de Janez !
– Le frère blanc de Sandokan.
– Oui.
C’est fini ?
Il avait une moto ?
Nous cherchons mon beau-frère,
mais nous cherchons aussi
nous-mêmes.
La vérité est contradictoire,
dit Mao.
Dont j’ai édité un livre de poche.
Vous avez fait du pognon
même avec Mao.
Quel est le rapport ?
Voilà les grands horizons !
Regardez ces couleurs !
Regardez ce ciel !
Regardez cette nature !
Regardez devant vous !
– Allumez les phares.
– Je ne trouve pas le bouton.
Je n’y crois pas !
Vous ne connaissez pas
la Land Rover !
Moi, j’ai une Fiat 600.
– Que tirez-vous ?
– Le démarreur.
Vous tirez le démarreur
pendant qu’on roule ?
Et maintenant ?
La batterie est foutue.
Voilà pourquoi.
Vous croisez les bras ?
– Moi aussi et on verra bien.
– Que suggérez-vous ?
Carnet n° 7 :
après des tentatives ratées
de redémarrer la Land Rover,
reine du désert,
nous avons campé à exactement 15,
peut-être 20…
voire 30 km de Mingou.
Nous dormirons à la belle étoile,
cernés par l’obscurité.
Les ombres de la nuit
sont tombées soudainement.
Cela arrive aux Tropiques.
Dans l’air mystérieux,
résonne, au loin,
un tam-tam obsédant.
Un message, un avertissement ?
On fera un quart de garde chacun.
Vous, en premier.
Machette, arme terrible
dans ses mains.
Ah, si à votre place
il y avait le fidèle Kamamuri !
Pure rêverie !
La réalité est toute autre.
Je les idées claires.
Le bien-être détruit l’individu
plus encore que le besoin.
Il faudrait se révolter :
un sac à dos, du pain,
et à nous les grands sentiers,
l’aventure, comme pour Titino.
Arrêtons cette course
à la possession.
Sommes-nous devenus fous ?
Villes, piscines, faux Anglais !
Au diable, nos Maserati !
Jetons ces fétiches,
détruisons-les !
Fini, fini, fini !
Je n’ai pas tout ce bien-être.
Ne le détruisez pas tout de suite.
Je ne vous répondrai pas.
J’ai toujours su
que vous étiez immature.
C’est possible.
– J’ai emmené avec moi un immature.
– Il fallait pas.
Tenez éloignés les fauves !
Il y a des fauves ?
– Il y a des fauves ?
– C’est vous qui l’avez dit.
Le fusil est chargé ?
Ouvrez l’œil et faites votre quart !
À quoi bon m’allonger !
Je sais que
je n’arriverai pas à fermer l’œil.
“Ô faucille qui luit dans le ciel
“Quelle moisson de songes
s’agite sous ta pâle clarté.”
C’est à vous, patron.
Quel sommeil profond !
À Rome, je prends deux somnifères.
Ici, j’ai dormi d’une seule traite.
C’est merveilleux.
4 h m’ont paru 5 minutes.
Tout va bien ?
C’est l’aube,
mais aux Tropiques, il fait nuit.
– Dormez bien.
– Merci, patron.
J’ai dormi 1/4 h ?
Vous m’avez dit
de faire le premier quart.
Je rêve !
Je parlais de quart marin !
Quatre heures chacun.
On ne va pas se réveiller
tous les quarts d’heure.
Vous imaginez ?
Comment je vais faire
pour me rendormir ?
Patron…
Que se passe-t-il ?
Où sommes-nous ?
À Mingou, apparemment.
Il a dit : d’occasion,
mais en bon état.
Et alors ?
– Vous parlez portugais ?
– Oui.
Combien de temps pour la retaper ?
– 2 jours.
– Pas la peine de traduire.
No possible. Nosotros pressés.
Soy l’editor De Salvio.
Vamos à Tomboué, buscar nouvelles
de M. Sabatini, mon beau-frère.
Comment dit-on ?
– Je l’ignore.
– Décidément !
– Il travaille ici.
– On l’a déjà trouvé.
On dirait.
M. Sabatini travaille
comme dirigeant ?
Tenez, madame. La carte de l’Afrique.
J’en ai plus besoin.
Nous sommes ici.
Pas ici, là. Où regardez-vous ?
Derniers carnets.
11 h, heure locale.
Nous avons déjà retrouvé
mon beau-frère.
Bientôt, je l’embrasserai,
et demain nous rentrerons à Rome.
Adieu, Afrique.
Rêve trop tôt terminé.
Patron, il y a un avion demain
pour Rome.
Avec un peu de chance,
on pourra voir le match.
En 24 ans,
je ne vous avais jamais vu rire.
On a retrouvé M. Titino.
Vous n’êtes pas content ?
Vous voulez quoi,
que je danse avec vous ?
Allez, dansons !
Voilà, donnons-nous en spectacle.
Je suis content,
mais je contrôle mes sentiments.
Il faut toujours
tout vous expliquer ?
Nous faisons rire tout le monde.
Meu señor,
pouvoir appeler Oreste Sabatini
por l’editor Di Salvio ?
Moi attendre.
Appelez !
Le voilà ! Titino !
C’est lui ?
Titino !
Arrête-toi !
– Il a filé.
– Oui, et à toute vitesse.
Et maintenant ?
– Ça vous fait rire ?
– Bien sûr.
Le mystère s’épaissit.
La poursuite continue.
Je veux buscar en quelque maniera
el señor qui s’est échappé…
Italien ?
Hein ? Oui.
Il va à Bamanguo. Ils y vont tous.
On le rattrapera quelque part.
Campi Benedetto aide toujours
ses compatriotes.
– Attention !
– C’est ma sœur, je la connais.
Dès qu’il a entendu mon nom,
il a fui.
Pourquoi ?
Il m’a vu comme une menace
à sa liberté.
Peut-être.
Amore scusami, c’est lui ?
Quoi ?
C’est un Noir.
Un Blanc,
mon cul qu’il se serait rangé.
Raccourci !
Vous prenez souvent cette route ?
Chaque fois que je suis pressé.
Je connais toutes les bosses.
Et t’en rates pas une.
Silence !
On n’entend que toi.
– Un autre camion ?
– Rhino !
Un Italien ?
Rhino, rhinocéros !
Il y en a plein par ici.
Rhinocéros ?
Il y en a plein ?
Tu le savais et tu es passé par ici ?
– Vous le voyez ?
– Non.
Le voilà !
C’est vrai.
Je vais faire du slalom
pour le désorienter.
Et si ça ne marche pas ?
Le voilà !
– Un revolver !
– Il faudrait un canon !
– Vous le voyez maintenant ?
– Oui, patron.
Changeons de place.
Ils sont peu intelligents.
On s’en fout de son QI !
Il sait plus où il en est.
Il le sait parfaitement.
Arrête ton slalom !
Tu peux pas plier ?
Ils font du 100 km/h.
Il tourne !
Je n’aurais jamais dû venir ici !
Soyez un homme !
N’ayez pas peur.
Au secours !
Toujours du même côté !
– Je m’inquiète pour la carrosserie.
– Je m’en fous !
– Pas moi !
– Moi, si !
Vous voyez qu’il s’est taillé ?
Benedetto l’a bien eu.
Tu as ta maman ?
– Oui.
– Espèce de fils de…
Hôtel Bamanguo !
Voici le camion de Sabatini.
On l’a rattrapé.
Merci.
– À bientôt.
– J’en doute.
Dépêchez-vous.
Il y a quelqu’un ?
J’en étais sûr.
Suivez-moi.
Porcelet noir angolais.
Très dangereux.
– Ça mord ?
– Non, il file le choléra.
On lui fait une surprise.
– Salopard !
– Qui est-ce ?
C’est moi, Fausto.
Je suis venu te chercher
et tu décampes ?
Je vais te faire voir !
Tu te débats ?
Mon vieux Titino !
C’est qui, celui-là ?
Qui êtes-vous ?
On s’est peut-être
trompés de chambre.
C’est un imposteur.
Vous n’avez pas compris ?
C’est pour ça qu’il s’est enfui.
Où vas-tu ?
Attrapez-le !
Viens ici.
Où est mon beau-frère ?
– J’avais raison !
– Parle pas italien.
Mais tu joues l’Italien.
Je vais te délier la langue.
– Parle !
– Laissez-moi faire.
Vous vous y prenez mal.
– Parle !
– C’est ce que j’ai dit.
– Tu vas voir !
– Patron !
– Il a dit qu’il allait parler.
– Il a dit cela ?
Il l’a dit.
Je parle un peu italien,
appris de camarade sicilien.
Fais pas le pitre,
crache le morceau.
– Tiens.
– Pas fumer, Excellence.
– Je peux ?
– Vous fumez maintenant ?
Non, je suis un peu secoué.
Alors, voyons.
Qui es-tu ? Pourquoi tu te fais
passer pour Oreste ?
Mon vrai nom, c’est Pedro Tomeo.
Moi avoir difficultés économiques.
Pas trouver travail pour malentendu
avec loi. Comment on dit ?
– Comment on dit ?
– Vols.
Une erreur. Erreur judiciaire.
On m’a refusé permis de travail.
J’ai trouvé valise
et pris passeport Sabatini.
Quelle valise ?
Moi trouvé il y a 2 mois,
dans grotte.
Au sud de Toumboué.
Dans vieille mine d’auro.
Qu’est ce que c’est auro ?
– Or.
– Je sais.
– Donde ?
– Au sud de Toumboué.
C’est la valise d’un clochard ?
Des babioles.
– Tout est là ?
– Sauf passeport.
C’est la sienne.
Championnat de billard… C’est lui.
Et ça ?
– Monsieur !
– Qu’est-ce que c’est ?
– Une lettre pour votre beau-frère.
– Voyons voir.
– Cher Titino.
– Je sais !
“Depuis que tu as quitté San José,
“dans mon cœur, c’est la nuit.
“Reviens vite.
Tu es la lumière de mon âme.
“J’attends après toi.
J’embrasse tes mains avec dévotion.
“Ta Maria Carmen.”
Maria Carmen ?
Elle doit sûrement être bonne.
Nous avons enfin une piste,
et vous fantasmez sur la nana ?
D’après lettre, c’est clair
que Sabatini et Maria Carmen…
Elle sait des choses.
Il est peut-être retourné
à San José.
Ni vu ni connu.
Chose qui arrive.
Vous avez entendu ?
Il fallait que ça soit un étranger
qui nous le dise ?
Bravo, Pedro !
Enfin, un indice sûr.
On va…
…à San José.
– Oui.
À 200 km d’ici.
Je viens avec vous.
Vous avez chance.
Pedro est à votre disposition.
Connais route comme poche.
Vamos !
On est prêts !
– Coche ?
– La voiture.
Elle est en reparaçao,
vamos la chercher.
Je me suis attaché à vous.
Quand retrouver beau-frère,
moi démissionner et venir à Rome.
– À Rome ?
– D’accord ?
– Pourquoi ?
Que faisais-tu avant ?
Un peu de tout : gardien,
recruteur de grandes putes…
Tu m’étonnes !
– Comment dit-on ?
– Maquereau !
Votre comptabiliste d’accord
et vous dire non ?
Quel spectacle somptueux !
Hein, M. le comptable ?
– Mais que faites-vous ?
– Les comptes.
Il y a le prêt, le mobilier,
les traites…
Nous sommes en face des chutes
du Duc de Bragança,
l’un des plus beaux spectacles
de la nature,
où l’Afrique noire
dé verse son âme candide,
et vous pensez aux traites ?
Vous n’avez aucun élan,
vous ne pensez qu’aux comptes.
Vous avez perdu toute combativité.
Moi, j’y vois clair !
Les travailleurs sont devenus
des conservateurs.
Le vrai conservateur,
c’est le travailleur !
Une nouvelle manière
d’insulter les travailleurs.
Quoi ?
Ne dites pas ça.
– Je suis un prolétaire de l’édition.
– Mais oui.
Comment ça, mais oui ?
Je regrette presque
de vous avoir emmené.
Faites-moi plaisir,
ne m’adressez plus la parole.
D’accord. Mais vous non plus.
Lâche-moi !
– Macaronis ?
– À la tomate, oui.
– Je vais chercher des piri-piri.
– Va, va.
Qui a choisi ça
au supermarché de Luanda ?
Macaronis n° 3 !
Avec cette eau sans calcium.
Ils cuiront jamais !
Quand on ne sait pas voyager,
on reste chez soi.
C’est pour tourner les pâtes ?
Une louche ?
Ne venez pas en Afrique.
On n’est jamais si bien servi
que par soi-même.
– C’était quoi ?
– Un cri.
Monsieur Fausto ! Comptabiliste !
Que s’est-il passé ?
C’était un pygmée…
Dites à Asunçion,
la femme qui m’a quitté,
mes dernières volontés.
Pedro, en prononçant ton nom
en souvenir de son amour…
Elle va mourir de douleur !
Amusant, non ?
Vous avez aimé blague ?
Le sang, c’est la sauce tomate.
Pedro est un grand comique.
– Imbécile !
– Pourquoi ?
Parce que tu en es un.
– Vous pas aimé ?
– Non !
Pedro a grand répertoire
pour distraire voyage.
Ça a explosé !
– Les pâtes !
– C’était du n° 3.
Poussés par la même ardeur
et transportés à vive allure
par notre chère Land Rover,
reine incontestée du désert,
le comptable Palmarini,
Pedro le gitan et moi,
avons décidé de nous arrêter
à l’ombre des palmiers séculaires.
Soudain, dans cette oasis
de paix et de fraîcheur,
l’écho d’un chœur lointain
a salué notre arrivée.
Nous étions à San José.
M. Di Salvio, allons demander
à l’école si Maria Carmen est là.
Elle est là.
La femme est au lavoir.
Allons la voir.
Je m’occupe du coche.
Ramassez-le.
Señorita Maria Carmen ?
– Sœur.
– Ah, nonne ?
Non, novice convertie.
Félicitations, señorita.
Du calme ! Que faites-vous ?
Arrête, Epifanio !
Ils jouent avec l’eau ?
– Excusez, ce sont des enfants.
– J’adore les enfants.
Vous parlez italien ?
Oui, un peu.
J’ai appris avec un Italien.
– Sabatini ?
– Vous le connaissez ?
C’est son parent.
Parent du père Sabatini ?
Le père qui ?
– Pardon, señorita.
– Père François !
Elle a dit : père Oreste Sabatini.
Il est prêtre ?
La photo a été prise
quand il a quitté la mission,
le jour de la Saint-Joseph,
notre saint patron.
Une nature exquise, le père Titino !
Vous êtes son beau-frère ?
Non, c’est lui.
– C’est moi.
– Excusez-moi pour cette confusion.
Quel dommage qu’il soit resté
si peu de temps parmi nous !
C’était un religieux éclairé
et un grand entomologiste.
Entomologiste ?
Il nous a conseillé de développer
notre collection de papillons
et d’entreprendre des échanges
avec l’Europe.
Regardez ce beau spécimen :
eribea angolana.
Voilà un catocala ipsipila.
Zerynthia eudamippo.
Mais la reine de la collection
s’appelle :
caligo prometheus.
Regardez ces couleurs splendides.
Une véritable fleur volante.
– Vous savez combien ça vaut ?
– Combien ?
300 dollars.
Mince !
Où est le père Titino ?
À Vacumbos. La dernière entreprise
du père Sabatini est la suivante :
construire une mission
comme celle-ci.
– Où ça ?
– Comment, où ça ?
– À Vacumbos.
– J’ai compris !
– Qu’est-ce que c’est ?
– Hippopotame.
– Tenez.
– Non…
C’est très bon.
– Il y a de la morue.
– Non.
Je prends du jambon.
Non, merci.
Le père Titino connaissait bien
cette fille ?
Cette jeune fille faisait avant
l’horrible profession…
Sur la voie de fer, comment on dit ?
– C’est pas joli.
– Non, la voie de fer !
– Chemin de fer.
– Exact !
Voilà un autre mot !
C’est le père Titino
qui l’a convertie.
Maintenant, cette jeune fille…
elle est vraiment pure
et heureuse de sa nouvelle vie.
Et c’est l’œuvre du père Titino ?
Qu’est-ce qu’il nous prépare,
Fellini ?
Qui est-ce ?
Vous qui voyez clair,
vous croyez à la conversion
de votre beau-frère ?
Si j’y crois ?
Écoute, ma chérie.
Je m’interroge sur le père Sabatini
et j’aimerais trouver une réponse.
C’est-à-dire…
Dans quelle mesure, un individu
à la moitié de sa vie,
peut changer ?
Parce que Titino a changé.
Et moi aussi, un peu.
Toi, tu as changé ?
Tu permets ?
Je crois en la conversion
de mon beau-frère.
M. Di Salvio, el coche est réparé.
Ouvrez ! Ouvrez ! Dépêchez-vous !
Qui est-ce ?
Mon Dieu !
C’est nous ! Allez, ouvrez !
– Qui est-ce ?
– Où est le caligo prometheus ?
– Quoi ?
– Le papillon, où est-il ?
– Quelle papillon ?
– Blagues courtes les meilleures.
Restituez-nous le papillon,
il vaut trois cents dollars.
Mon père, comment osez-vous ?
Sors le papillon, espèce de…
Il est parti !
Il y a le rassemblement ?
Il m’a piqué la bagnole !
Vous êtes content ?
Il se lève, fabrique un mannequin,
et que faites-vous ? L’andouille ?
Vous dormiez ?
Vous ne dormiez pas ?
Toujours prêt à me contrer, hein ?
– Moi ?
– Oui.
N’en parlons plus.
une lourde perte.
La Land Rover,
tout l’équipement acheté à Luanda,
Sans compter le papillon du prieur.
Il a exigé 300 dollars, votre saint.
Et on dit que les Italiens
sont des voleurs.
En Italie,
nous appelons les escrocs Portugais.
Chacun a sa façon.
Notre voyage a pu se poursuivre
grâce au père François,
qui nous a confié
à deux Portugais fort aimables,
qui nous amèneront
avec leur voiture à Vacumbos,
où se trouve
la mission de mon beau-frère.
Donnez-moi l’appareil photo.
Attendez, les enfants !
Niños, niños !
– Mignons.
– Très, mais ils sont partis.
Encore 12 km
et nous aurons atteint Vacumbos.
Il était temps.
Il n’y a pas une autre route ?
Si, à 20 km d’ici,
on perdrait du temps.
Doucement.
– Qu’a -t-il dit ?
– Qu’il revient vite.
On va gagner la rive, vite.
Ça y est.
Merci. Nous descendons ici.
Nous continuons à pied.
Pour nous dégourdir les jambes.
– N’est-ce pas ?
– Avec plaisir.
Allons-y.
Rien de bizarre.
Nous voulons marcher.
C’est bien de marcher.
Merci et désolé pour le dérangement.
Ne vous retournez pas.
Si c’est parce que vous n’aimez pas
ma façon de traiter les Noirs,
primo : cela ne vous regarde pas.
Secundo : je les fais travailler
comme il me plaît, compris ?
Ça ne regarde personne.
Tertio : on n’y gagne rien
à aider des communistes comme vous.
– C’est clair ?
– Très.
Ne vous fâchez pas.
Saluez-le.
Adios, señor.
Au revoir.
Qu’a -t-il dit ?
Je ne sais pas.
Petaço de cornudo.
Je ne sais pas
ce que signifie petaço.
Petaço non, cornudo oui.
Vous n’avez jamais compris
le portugais, laissez tomber !
Comme d’habitude.
Petaço de cornudo toi-même !
Il s’est arrêté ?
Il approche ?
Vous avez voulu lui dire, et voilà.
Bande de lâches !
Deux contre un…
Et si on avait été trois,
on s’y serait mis à trois.
M. le comptable, j’ai l’œil noir ?
Non, patron.
– Quoi ?
– Votre nez.
Comme quand j’étais môme.
Notre voyage a pu se poursuivre
grâce au père François,
qui nous a confié
à deux Portugais fort aimables.
Allons-y.
Patron…
– Merci.
– De rien.
Señor, voce es le chauffeur ?
Il n’entend rien.
C’est la mouche tse-tse ?
Non, bourré.
– Que fait-on ?
– Rien.
No travão.
Vous ne voulez pas travailler.
Je vais vous en donner moi,
du travão.
Patron, le travão, c’est le frein.
– Il n’y a pas de frein.
– Non ?
Mon Dieu, il n’y a pas de frein !
Pourquoi vous ne me l’avez pas dit
plus tôt ?
Quelle idée de conduire !
Quelle idée ?
Je vous arrête.
Vous avez tué des animaux.
Je vais payer.
Deux chèvres et une poule :
300 écus.
Au suivant.
Quatre cochons : 300 écus.
Tenez.
700 écus pour une vache.
– C’est la ruine.
– Qui casse paye !
Une chèvre : 100 écus.
Deux sacs de sel : 15 écus.
Au négus.
Patron ?
Qu’y a-t-il ?
C’était vrai !
C’est la mission
qu’il fait construire.
Vous étiez sceptique.
Père Titino !
Père Titino !
Qui a parlé ?
Qui a parlé ?
On dirait un perroquet.
On dirait un perroquet.
Vous êtes le gardien ?
Vous êtes le gardien ?
Vous connaissez le père Titino ?
C’est qui, celui-là ?
Que faites-vous là ?
J’ai compris, on s’en va.
Oui, c’est mieux.
Vous cherchez M. Sabatini ?
– Venez avec moi.
– Où ?
Venez, suivons-le.
Il habite ici ?
Rien… Muet comme une tombe.
Regardez comme c’est joli.
– Il est…
– Attendez ici.
Poutre vieille,
peut tomber dessus.
Il ne manquerait que ça.
Faites gaffe.
Et voilà, j’en étais sûr.
Poutre tomber dessus.
Il s’est trompé de poutre.
Qui est-ce ?
Il n’y a personne.
Où allez-vous ? Re venez ici.
Vous cherchez Titino ?
Amis de l’ingénieur ?
Le voilà ingénieur maintenant !
Des amis de l’ingénieur.
Il est ici ?
Avec plaisir, mademoiselle.
Nous avons fait une longue route
pour retrouver Oreste…
Elle nous amène où ?
On ne sait pas.
Personne ne parle ici.
Titino, tu as de la visite.
Nous l’avons enfin retrouvé…
Voilà pourquoi…
4 mars 1968.
Comment est-ce arrivé ?
Il jouait du violon
et je l’accompagnais au piano.
Il aimait le violon,
les oiseaux, la pluie.
Quand il pleuvait,
il se précipitait dehors.
Pneumonie ?
Il est venu ici pour construire
l’hôtel que vous voyez là-bas.
Un hôtel ?
Ce n’est pas une église ?
Les travaux
étaient à moitié avancés,
lorsqu’un horrible serpent
a mordu un des ouvriers.
Titino coupa, pressa,
suça…
Il lui sauva la vie.
Mais il mourut
5 minutes plus tard.
“Pulvis es…
“et in pulverem reverteris.”
Vous l’appelez ingénieur,
mais en réalité il était…
Père dominicain ? Oui, je le sais.
Il eut une crise.
Il voulait devenir shintoïste.
Il disait que les bonzes shintoïstes
sont les plus heureux des hommes.
– C’est vrai ?
– Je ne sais pas.
– C’est vrai ?
– Peut-être.
Marisa, je regrette.
Je suis arrivé trop tard.
Titino était déjà…
Il était… ?
Il était mort.
Marisa !
Marisa, non !
Pourquoi ? Pourquoi, Marisa ?
Triste épilogue
d’une triste histoire.
On va monter là.
Il y a un wagon-restaurant ?
– No, señor.
– Merci.
M. Di Salvio ! Comptabiliste !
J’ai couru après à Vacumbos.
Regardez qui est là.
J’ai bonne nouvelle.
Espèce de fils de pute !
Je peux expliquer.
Expliquer quoi ?
Que tu es un sale voleur ?
Viens ici, gitan !
Il a le culot de revenir.
Et avec mon chapeau.
Va-t’en !
Sale voleur !
Je te dénonce pour vol
sur des étrangers.
Ne vous fâchez pas.
J’ai grande nouvelle.
Fiche le camp d’ici !
C’est faute de femme
qui m’a quitté.
Je trouvé elle
avec sergent d’aviation.
Tu devrais avoir honte
de profiter des Italiens.
Sur bateau, capitan fluvial m’a dit
où est votre ami Titino.
Je sais où est Titino.
Arrête tes salades, Titino est mort.
Il est mort le 4 mars.
C’est pas vrai…
– C’est loin ?
– Je ne sais pas.
– Prenez la carte.
– Vous l’avez offerte à la Noire.
Belle façon de me remercier.
– C’est quel jour, la Saint-Joseph ?
– Qui ?
– Saint-Joseph.
– Et alors ?
C’est le 19 mars.
Si Titino a été pris en photo
le 19 mars, à la Saint-Joseph,
il n’a pas pu mourir le 4.
Le 19 mars, il a fait la photo,
le 4 il est mort.
C’est vrai. Vous avez raison.
Pedro !
Allez, monte !
Je peux ? Vous pardonnez ?
Remercie le comptable.
Merci.
Bas les pattes !
C’est dur.
Mais alors… ?
Qu’y a-t-il ?
Il n’y a qu’un violon ici.
Seulement un violon ?
Elle a dit qu’il en jouait.
J’avais raison.
Il est vivant !
– Vous aviez raison. Bravo !
– Merci.
– Ubaldo, tutoyons-nous.
– Avec plaisir.
Pourquoi cette tombe ?
Où as-tu dit qu’il était ?
– Vous m’emmenez avec vous ?
– Parle !
Il y a 6 mois,
il a été vu à Tampala Banié.
Que signifie
cette mise en scène macabre ?
– Hé, toi !
– Qui est-ce ?
– Un Noir.
– Le majordome !
Lâche-le. Fais-le parler. Lâche-le.
Rattrape-le.
Le tombeau était vide.
Oreste n’est pas mort.
On ne te fera pas de mal.
Pourquoi dire qu’il était mort ?
Le tombeau, c’est son idée.
Puis il est parti.
Des soldats sont venus le chercher.
Et ta patronne ?
La dame ne sait rien.
La dame est loca.
Il dit que la dame est givrée.
Je m’en doutais.
Je voulais te le dire.
– À qui ?
– À toi.
Vous me tutoyez ?
Carnet n° 21.
Nous re voilà sur la piste de Titino.
Ce personnage fantomatique,
Oreste Sabatini, semble se dérober
dès que nous l’approchons.
Il trouve refuge
au cœur des ténèbres africaines.
Relire “Au cœur des ténèbres”
de Conrad.
Illuminés par notre Pedro
et par un surprenant trait de génie
du comptable,
nous regagnons Vacumbos…
Un lion ?
Il nous a vus.
– Il a peur.
– Ah oui ?
Comment il a peur ?
Silence ou il va fuir.
Faisons du bruit !
S’il ne fuit pas ?
Vous croyez ce type ?
– Démarre.
– En arrière.
Avant, arrière… mais démarre.
Et maintenant, il s’arrête ?
Attends, où vas-tu ?
Tuer le lion.
– Le tuer ?
– Vous voulez pas trophée ?
Des instants qui valent une vie.
Je toise le lion, le lion me toise.
J’épaule mon Brown et vise.
Le fauve se jette sur moi
et je tire…
Je l’abats de deux coups secs ici.
Vérifiez : un et deux.
– Allons-y.
– Vite ou il va partir.
Doucement !
– Vous chassez ?
– Tous les dimanches.
– Genou à terre.
– Merci, patron.
De rien.
Visez le poitrail.
Visez juste !
Vous, le flanc.
Moi, je viserai
le milieu du front.
2 coups chacun :
poitrail, flanc, yeux. OK ?
Il s’en va ?
On ne le racontera pas.
– Ou mieux, on l’oublie.
– Oui, patron.
Bravo !
Chasseur, hein ?
Ils volent tout !
Que faites-vous ?
C’est propriété privée !
Pas contrebande.
Affaires personnelles !
Fusil ? Tenez.
Il y a même une señorita.
– Tes chaussures !
– Tout de suite.
– Il vous a giflé ?
– Moi ?
Donnez vos fusils.
Évitons les incidents diplomatiques.
Contrôlons notre indignation.
Donnez vos chaussures.
Surtout, restons unis.
J’ai reçu un coup de pied.
Qu’est-ce que c’est ?
Qui est-ce ?
Je n’en sais rien.
Tu crois que ces lunettes
font de toi un commandant ?
Macaque !
– Des Italiens…
– De Rome.
Nous sommes toujours près
d’aimer l’Italie.
Mais l’Italie arrive toujours
à se faire haïr.
C’est le contraire.
Nous sommes toujours près
de haïr l’Italie.
Mais l’Italie arrive toujours
à se faire aimer.
Remerciez le commandant.
Il est du Sud.
Excusez mes soldats,
mais on n’a pas mangé depuis 3 jours.
Qu’est-ce qu’on fait ?
– Des spaghettis ?
– À l’ail ?
La vie du mercenaire
est dure sans guerre.
On est réduits à piller.
On m’appelait… Koïtchembé.
Le Léopard.
Et voici ce qui reste du Léopard.
Mes hommes étaient les affreux
les plus craints du Congo.
Par la faute d’un maudit Italien,
homme horrible et laid,
venu à la frontière du Congo
et de l’Angola
me vendre des armes…
Je lui donne tout mon argent.
10 000 livres.
Vous avez vu ces armes ?
Disparu avec l’argent.
Sans armes, mon bataillon,
attaqué par l’ennemi,
prend la fuite.
Nous gagnons l’Angola.
Je savais que ce traître
était en Angola.
Il y a un mois,
j’ai appris qu’il était mort
à Vacumbos, mordu par un serpent.
Bien fait pour lui.
Je suis allé à Vacumbos
et j’ai craché sur sa tombe.
J’ai abandonné la partie.
Mais les Italiens
ne sont pas tous les mêmes.
Sa cuisine simple et variée.
Spaghettis à l’ail et huile.
Spaghettis à la sauce tomate.
Spaghettis carbonara.
Spaghettis matriciana.
Mais c’est un vrai gourmet !
Une pour plus tard.
… à Vacumbos surgit
un coup de théâtre.
La tombe était vide.
Oreste Sabatini est vivant.
Il s’agissait d’un stratagème.
Il s’agissait d’un stratagème.
Il a été vu à Tampala Banié.
Nous avons franchi
le Tropique du Capricorne.
Sommes sous la constellation
de la Croix du Sud. Légère émotion.
Nuages au nord-est.
Non, au nord-ouest.
Bref, des nuages.
Bel objet.
Vous avez compris ?
Ils nous prennent la voiture !
Qu’est-ce vous faites ?
Commandant !
Non, n’emmenez pas la voiture.
Comment allons-nous faire ?
Je veux trouver Titino
avec vos chaussures.
Votre nom !
Tu nous serviras de guide.
On peut pas les laisser ici.
C’est dangereux.
Mon chapeau !
Ils emmènent tout.
– Vous êtes content ?
– C’est ma faute.
– Quel fumier !
– C’est un mercenaire.
Pas le mercenaire, mon beau-frère.
Merci.
Où allons-nous ?
Ça va vous étonner,
mais j’ai encore les idées claires.
Vous, avec votre sagesse
d’homme médiocre, non !
Où est le Nord ?
Ah, le comptabiliste ne le sait pas.
Nous irons tout droit.
On trouvera tôt ou tard un machin…
– Une sorte de…
– De quoi ?
Laissez tomber.
D’agglomération !
J’espère que le mercenaire
a trouvé Titino
et qu’il l’a tué.
Cet espoir est l’unique sentiment
que nous ayons en commun.
Sinon,
sachez que je vous méprise.
Vous avez gâché davantage
ce foutu voyage
dans ce putain de pays.
On n’aime plus l’Afrique ?
– M. le comptable ?
– Quoi ?
Vous êtes renvoyé.
Merci, éditeur Di Salvio.
Je peux enfin vous dire
que vous n’êtes qu’un guignol.
Économisez votre salive.
Et vous, ne courez pas.
Si, je cours.
Vous n’avez pas de caractère.
Sinon, vous m’auriez empêché
de partir à l’aventure.
Je peux vous dire quelque chose
du fond du cœur ?
Pas la peine.
La couverture est nulle.
Quelle couverture ?
Un avion !
Au secours !
Ils ne s’arrêtent jamais.
– On est dans le pétrin.
– Je l’avais dit.
Je vous interdis de dire :
“Je l’avais dit”.
– M. le comptable !
– Quoi ?
Debout !
Pour s’en sortir, il faut marcher.
Tant qu’on tient debout.
Et même à quatre pattes, ça ira.
S’arrêter, ça voudrait dire mourir.
Vous les voyez ?
Ils nous surveillent.
Ils commencent par les yeux.
Si vous vous arrêtez,
je continue seul.
Vous avez lu
la nouvelle de London
des 2 chercheurs d’or
perdus au Klondike ?
Mais vous ne lisez donc rien ?
Vous êtes un inculte !
Je dirais même…
Tu vas la fermer, oui ?
Je m’excuse.
Quoi ? Je ne vous réponds pas.
Mon pied, mon pied, patron !
Je dois la fermer.
Mon Dieu, un piège !
Je suis tombé dans un piège.
Venez vite.
Le sang me monte à la tête.
Oui, très bien, venez me soutenir.
J’ai très mal à la cheville.
Vous avez lu Jack London ?
Revenez ici !
Tout à l’heure, j’ai dit cela pour…
Comment dit-on ? Re venez !
Je vous augmente !
M. le comptable !
Ubaldo !
Je t’en prie, Ubaldo.
Arrête-toi, reviens.
Tu ne peux pas m’abandonner.
Tu auras des remords toute ta vie.
Où tu iras tout seul ?
Nous devons rester unis.
Ubaldo ! Mon petit Ubaldo !
Merci, Ubaldo.
Merci d’être revenu.
Merci, mon fidèle ami.
Je savais que tu avais un bon fond.
– C’est qui ?
– Les propriétaires du piège.
Ils ne fuient pas ?
Ils ne craignent pas les Blancs ?
Ah non ?
M. le comptable !
Où est-il passé ?
Il m’a laissé seul.
– Vous allez mieux, patron ?
– J’ai l’air d’aller mieux ?
Où nous ont-ils emmenés ?
Il n’y a personne !
Restez près de moi.
– C’est le feitiçeiro.
– Non, le sorcier.
Feitiçeiro, en portugais.
C’est une prière.
C’est un Blanc !
Ubaldo !
Mais cet homme ressemble…
– C’est lui !
– Votre beau-frère ?
– Oui.
– Mais non !
C’est lui !
C’est moi, Fausto.
Revoilangà
le grandangà emmerdangà.
Italiens ?
Nous sommes italiens ?
C’est M. Di Salvio,
votre beau-frère.
– Il ne sait pas qui vous êtes ?
– Il le sait.
N’est-ce pas ?
Dis-nous, plutôt,
si tu es encore italien
et ce que tu fais ici.
C’est à vous de me dire
pourquoi vous êtes ici.
Pourquoi nous sommes ici ?
Et si on te disait
qu’on est ici pour parler ?
De quoi veux-tu parler ?
Du fait que ça fait 3 ans
que tu es parti.
Et un an qu’on a perdu ta trace.
– Que tu as une femme.
– Marcella va bien ?
Marcella ?
Marisa.
– Marisa, oui.
– Ça commence bien.
Que fait-elle ?
Que fait-elle ?
Elle pleure et elle boit.
Plein de gens pleurent.
Tu en as fait pleurer, aussi.
– Moi ? Et quand ?
– Toujours.
Tu as laissé des traces partout.
On ne serait pas ici, sinon.
Tu as brûlé la moitié de l’Afrique.
M. le comptable ?
Aidez-moi.
Vous avez voulu venir, participez.
Moi ? Que puis-je dire ?
Il y a quelqu’un qui vous cherche.
Gomez, le mineur ?
Le Yougoslave ?
Gonçalvo, le planteur ?
Eh ben,
il a brûlé aussi l’autre moitié !
Le chef des mercenaires.
Le Léopard ! Le “sans foi ni loi”.
Et sans patrie.
Et sans un sou, aussi.
– Tu lui as fauché 10 000 livres.
– Moi ?
Ça n’a rien à voir.
Ne mélange pas tout,
avec ton esprit européen.
Vous savez ce qu’il voulait ?
– Que voulait-il ?
– Les armes !
Je les ai ?
C’est pour ça qu’il va venir ici.
Le Léopard ?
Comment l’a -t-il su ?
Qui lui a dit ?
Patron, racontez-lui…
Pas la peine, c’est inutile.
Il sait que tu es à Tampala Banié.
– On n’est pas à Tampala Banié, ici.
– Tant mieux.
– On est dans les Terres Mortes.
– C’est gai.
Mais que fais-tu ici,
au milieu de cette tribu perdue ?
Ce sont des amis.
Ici il ne pleut jamais.
Voilà 6 mois qu’il n’a pas plu.
Je tente de les aider.
Vous savez faire pleuvoir ?
J’essaie.
Qui c’est, lui ?
Personne. Palmarini.
Tu t’en souviens pas ?
Ça vous re vient ?
Marisa.
Je sais qu’elle a dû souffrir.
Pour moi aussi, ça a été difficile.
Vous dites que j’ai brûlé l’Afrique.
Mais j’ai dû lutter tous les jours.
Jusqu’à ce que…
Qu’a -t-elle dit ?
Je peux partir ?
Sur la colline ?
Pourquoi ils ont hurlé ?
Que leur as-tu dit ?
Ce soir, il pleuvra.
Ne me regardez pas.
C’est votre beau-frère, pas le mien.
– Lait de guenon.
– Tiens.
Tu leur as déjà promis ?
– Non, jamais.
– Alors pourquoi aujourd’hui ?
Ouamandé.
– Quoi ?
– Ouamandé ?
Comment dit-on…
C’est quelque chose que l’on ressent.
– Pressentiment ?
– Non, ce n’est pas ça.
C’est beaucoup plus que ça.
C’est…
– Tu as…
– Télépathie ?
– Pas du tout.
– Taisez-vous.
On perçoit un événement,
mais on ignore s’il se réalisera.
En italien, on dit…
Ça n’existe pas.
L’autre soir,
pendant que je faisais le Rua-a-maka,
le chant propitiatoire à la lune,
j’ai senti l’arrivée de quelqu’un.
Et vous êtes arrivés.
C’est bizarre, là aussi.
Je sens que quelqu’un arrive.
Un bruit qui se rapproche.
Oui, oui.
Il se rapproche. Je l’entends.
Tiens, moi aussi.
C’est une voiture.
– Qui ça peut être ?
– Le Léopard !
Ça y est !
Il m’a trouvé.
Ça, tu l’as pas senti ?
Salut, Léopard !
Salut, sale hyène.
Je t’ai cherché
dans tout Tampala Banié.
Et je te trouve ici.
Dis à ces bêtes
de baisser leurs lances
ridicules.
C’est vrai,
ils ne font pas peur.
Les tiens sont mieux bardés.
Pourtant,
je me méfierais de ces lances.
Ils s’en servent depuis des siècles.
Elles sont pointées sur toi.
Si les tiens tirent, je vais mourir,
mais toi, tu deviendras
une pelote à épingles.
Kangama,
on discute.
Attention, je connais ces gars,
se feront tuer,
eux pas peur de la mort.
Dans un traité sur la stratégie,
Von Clausewitch a dit :
“La guerre
n’est pas de l’arithmétique.”
“Les aumôniers compteront
les morts.”
Vous avez peur ?
Non, j’ai mal à la tête.
Mon but est de te voir mort.
Tout le reste…
D’accord.
Mais laisse partir mes amis,
ils n’y sont pour rien.
Je peux parler ?
Comment osez-vous ?
J’ai des relations partout.
Si on apprend
que vous nous avez abandonnés
dans le désert sans chaussures,
vous le payerez.
Laisse tomber.
Partez.
Ce type cherche la bagarre.
– Dis à Mariolina…
– Marcella.
Marisa.
Oui, Marisa.
Dis-lui de me pardonner.
– Bien sûr.
– Et toi aussi.
Mais non !
Comment on va à Rome d’ici ?
Voyons…
Non, attends…
À 15 km, il y a un bateau
qui va à Port Alexandre.
Demande Vasco.
Les femmes vous accompagneront.
Tu rentres quand, toi ?
Je n’en sais rien. Tu vois bien
dans quel pétrin je suis.
Prends ça.
Donne-le à Marcella de ma part.
Non, je le donne à Marisa, hein ?
D’accord.
Rien.
Des cailloux.
C’est un souvenir pour ma femme.
C’est tout ce que j’ai.
Pourquoi tu avais ces cailloux
sur toi ?
Pour des exorcismes.
Pour faire pleuvoir.
Pour l’argent,
je tue ou je ne tue pas.
Au lieu d’envoyer ces diamants
à ta veuve,
tu me les donnes,
et ta femme ne sera plus veuve.
Des diamants, ça ?
Je te croyais plus intelligent.
Des cailloux pour faire pleuvoir.
Des débris de verre, des diamants ?
Ça te dérange pas
si je les prends, alors ?
On oublie Von Clausewitch,
on évite un massacre
et je rentre en Belgique.
Tu es très malin, M. Sabatini.
Tu m’avais presque roulé,
parole de soldat.
Mais je suis plus malin que toi.
Fais vite, Pedro.
Mais tu es très doué, Sabatini.
Tu feras pleuvoir,
même sans cailloux.
Jolies petites nattes !
Tu es très fort, félicitations.
Vous êtes italiens ? La pluie.
C’est qui, ce type ?
Dis à Elena, Margherita,
Mariolina, de me pardonner.
– Marisa.
– Ça y est, le nom lui revient.
Bouffon !
C’est pour le gisement de diamants
que tu es ici !
La pluie, mais quelle pluie !
J’ai compris qui tu étais :
Ouamandé !
Ça existe en italien !
Il y a un mot.
Ouamandé, c’est…
– Voleur.
– Tu es un voleur !
Un escroc, un exploiteur !
Tu es ici
pour exploiter ces pauvres gens.
Tu profites de leur naïveté.
Regarde ces visages honnêtes !
Ces visages ouverts,
loyaux, confiants…
Où est le chef ?
Madame, le sorcier est ici
pour les diamants !
Mademoiselle, il va vous plumer !
Il vous vole.
Vous avez fait confiance…
Laissez tomber.
Les Italiens ne sont pas tous
comme lui !
Le voilà, le marabout !
Mettez ça.
On va pas partir comme ça.
“On” va partir ?
Je viens à Rome.
À Rome ?
Et la mine de diamants ?
Les diamants ?
Quels diamants ?
Les voilà !
Des cailloux. Ils ne valent rien.
Quartz ferreux.
Il y en a des tonnes ici.
Des cailloux ?
Tu as abusé le Léopard ?
Moi ?
Vous êtes bizarres, les Blancs.
Je lui ai répété cent fois
que c’étaient des cailloux.
Ils ne valent rien ?
Que fais-tu ici, alors ?
Mangez quelque chose.
Il n’y a pas de restos, sur la route.
C’est bon ?
C’est quoi ?
De la viande de…
Comment on dit ?
Comment on appelle
cet animal qui est tout…
Avec trois trucs, là…
L’œil, un peu…
D’accord. J’ai pas faim.
– Tu as un peigne ?
– Tiens.
Aïe ! Zut ! C’est quoi ?
Merci. Je n’ai pas compris
comment ça marchait.
– Il pleut !
– Et alors ?
Allez, venez.
Allons-y.
Mon Dieu ! Qui va là ?
J’ai fui.
Quand colonel découvre
que c’est cailloux, ça ira mal.
Lui, il a compris.
– Bijoutier ?
– Non, c’est ton élève.
J’ai apporté votre chapeau.
Ils ont déjà découvert notre fuite.
S’ils nous rattrapent,
ils s’en prendront à vous
pour m’avoir emmené.
– Ils sont méchants ?
– Non.
Mais ce sont des guerriers.
Dépêchons.
– Attention aux flèches.
– Elles sont empoisonnées ?
– On y va.
– Oui.
Il n’y a que des ravins ?
C’est encore loin ?
Non. Derrière la colline. Tu vois ?
Après, c’est un faux plat,
sur 15 à 20 km.
Vite, M. Di Salvio.
José Maria ?
Une vieille histoire.
On m’appelait comme ça.
Évidemment, avec ces nattes.
Que disent-ils ?
Ils me saluent.
Titi, ne t’en va pas !
Titi, ne t’en va pas !
Parapluie.
Eau.
Vin.
Cave.
Bouchon.
Tire-bouchon.
Bouteille.
Fiasque.
Paille.
Foin.
Paix.
Pacifique.
Atlantique.
Titi, ne t’en va pas !
Où allez-vous ?
Arrêtez !
Attends-moi !
Patron !
Que faites-vous ?
Vous voulez sauter aussi ?

Get Adobe Flash player

Comments are closed.