Haru tono tabi 2010 French Français

Posted by on July 13, 2012

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Développement du projet :
Monkey Town Productions
Production :
“Haru to no tabi” Film Partners
Production : Laterna
Monkey Town Productions
Dépêche-toi !
Gare de Mashike
Producteur exécutif :
Naoshi YODA
Producteurs :
Muneyuki Kill
Naoko KOBAYASHI
Producteurs associés:
Sakura WAKITA, Masahiro KOBAYASHI
Tatsuya NAKADAI
Eri TOKUNAGA
Un film de Masahiro KOBAYASHI
VOYAGE AVEC HARU
Grand-père !
C’est dangereux !
Je t’ai dit des choses méchantes.
Des choses qui t’ont blessé.
Arrête, maintenant.
On rentre !
Ne sois pas stupide !
C’est toi qui l’a proposé.
Je ne fais que t’obéir.
Justement, je voudrais…
Laisse-moi !
Cette maison est magnifique.
Il n’y a que ça de magnifique.
Eh bien…
Quel silence ! On dirait une veillée funèbre.
Il fait froid !
Il faut aérer une fois par jour.
C’est bon pour la santé.
Et voilà !
Ca fait longtemps…
Oui. C’est terrible pour ta mère.
Ne parle pas pour ne rien dire.
– Oui.
Haru.
Oui ?
Ne pense plus à ta mère.
Une femme qui met volontairement fin
à ses jours, je ne peux pas lui pardonner.
Quelles que soient les circonstances,
Je ne peux pas lui pardonner.
Keiko.
– Oui ?
Qu’est-ce que raconte mon frère ?
Comment ?
Pardonner ou ne pas pardonner quelqu’un.
Pour qui se prend-il ?
La mère de Haru était ma nièce.
Et alors ?
Tu n’es pas concerné.
Tu n’as jamais été commode.
Si tu ne changes pas…
– Il est trop tard.
Dis-moi, Tadao.
Quelle est la raison
de ta venue chez nous ?
Pourquoi es-tu venu ici ?
– J’ai un service à te demander.
Tu veux de l’argent ?
– Non !
Alors quoi ?
Il a eu soudain envie de vous voir.
C’est tout.
Hein, grand-père ?
Non, ce n’est pas ça.
Je viens vous voir
pour une raison précise.
Laisse-nous, Haru.
Grand-père…
Obéis.
Keiko,
S’il te plaît…
Allez, passons à côté.
Grand-père, arrête.
Ca suffit.
Vas-y, vite.
Que s’est-il passé ?
C’est ce que je lui ai dit…
– Explique-moi.
Vous nous avez fait visiter
la maison tout à l’heure.
A côté des W.C.,
vous avez un débarras.
Cet endroit me suffit. Laissez-moi y loger.
Haru travaillait à la cantine
d’une école primaire.
Cette école a fermé.
Du coup, elle dit que c’est
le bon moment pour partir à Tokyo..
Si elle s’en va, je devrai rester seul.
Mais je ne peux pas vivre seul.
Je t’avais conseillé
d’arrêter la pêche au hareng.
Pendant des années,
tu as espéré une pêche abondante.
Grâce à ces harengs,
notre père a payé sa maison.
C’était il y a des dizaines d’années.
Et toi, tu l’as vendue sans scrupule.
Plus personne n’y habitait,
elle ne servait à rien !
N’oublie pas mon conseil à l’époque.
“Arrête la pêche au hareng,
quitte Hokkaido”
“et reprends la maison
de notre père.”
Si tu y étais retourné,
tu t’en serais sorti.
J’ai une dette envers les harengs.
Ils ont fait vivre notre famille.
Ce ne sont que des poissons, mais
même si la pêche était médiocre,
Il n’était pas question
que j’arrête.
Je sais que je te demande beaucoup.
On a toujours eu du mal à s’entendre.
La faim fait sortir le loup du bois.
Prenez-moi chez vous.
Dis-moi, est-ce une manière
de demander un service ?
Je suis ton frère ainé,
tout de même.
Avant d’être mon frère ainé,
tu es un être humain comme moi.
Je te parle sur un pied d’égalité.
De toute façon,
cette pièce est inhabitable.
Il n’y a pas de fenêtre.
Ca m’est complètement égal.
Ca t’est peut-être égal,
mais que vont penser les gens ?
Pour le travail, mon fils m’a succédé
et j’ai pris ma retraite.
Mais je n’en ai pas abandonné
toute vie sociale.
Chaque jour,
nous avons beaucoup de visites.
Même si tu ne vaux rien,
tu es mon frère,
et les gens jaseront
si je t’héberge dans notre débarras.
Il y va de mon honneur.
– Ton honneur ? -Oui, mon honneur !
Bien qu’étant le fils aîné,
tu as abandonné notre nom.
Et tu me parles de ton honneur ?
Comment ?
Pour quelle raison…
as-tu jeté ton dévolu sur moi ?
Je suis celui avec lequel
tu t’entends le moins bien.
J’ai voulu essayer de commencer
par le pire de tous.
Comment ?
Quelle est cette façon de parler ?
C’est donc ça !
Haru!
Ton grand-père t’appelle.
On s’en va.
Restez quand même ici cette nuit.
C’est hors de question.
Mais… Grand-père !
Tadao !
Va voir notre frère Michio
à Sendai.
Ses affaires marchent bien.
Il pourra sans doute t’aider.
On s’en va.
Cet automne,
je rentre en maison de retraite.
Il y a enfin de la place.
Nous y allons tous les deux.
Moi, je n’ai pas droit à la parole.
J’obéis à notre fils et sa femme,
je n’ai pas le choix.
Imbécile !
Attends-moi.
Je vais me renseigner.
Excusez-moi !
Merci beaucoup.
6500 yens pour une nuit et deux repas.
Et alors ?
C’est cher, mais j’ai dit oui.
Ca a l’air délicieux.
Grand-père…
Ca va, grand-père ?
Grand-père.
Grand-père.
Oui…
Je n’avais pas bu de saké
depuis 20 ans.
Ma tête s’est mise à tourner.
Pourquoi en as-tu bu ?
Dans ma situation,
je ne pouvais pas faire autrement.
je regrette.
Je ne sais pas
pourquoi je t’ai dit ça.
Rentrons, maintenant.
Non, on ne rentre pas.
Je ne rentre pas.
Tu as raison.
Tu ne dois plus…
rester prisonnière chez moi
comme autrefois les prostituées.
Depuis la mort de ta mère,
Presque cinq ans se sont écoulés.
Depuis cinq ans,
tu t’occupes de moi.
Il est temps d’arrêter.
Va à la capitale,
trouve un appartement
et un travail.
Et toi ?
Moi ?
Moi, je ne peux pas t’accompagner.
Mais… avec ces jambes,
je ne peux pas vivre seul.
Alors, comme tu me l’as dit…
je vais vivre en parasite
chez un de mes frères
ou chez ma soeur.
Comme mon frère aîné,
j’ai aussi pensé
à la maison de retraite.
Mais je n’ai aucune chance
d’avoir une place dans le public,
avec les centaines de gens
qui attendent leur tour.
Quant aux établissements privés,
leurs tarifs
sont trop élevés pour moi.
Par conséquent, la meilleure solution,
c’est que j’aille
chez un de mes frères ou ma soeur,
même si on ne s’entend pas bien.
Ce ne sera pas vivable.
Vivable ou pas,
je ne le saurai qu’en essayant.
Ca ne sera pas vivable.
Dans ce cas,
où vais-je pouvoir vivre ?
Mangeons, maintenant.
Le dîner…
est tout froid.
Grand-père…
Mange, je te dis.
Demain, on ira au cimetière.
Allez…
Mange.
Tout a complètement changé.
Avant, une plage en pente douce
s’étendait à perte de vue.
L’année de ma naissance,
il y a eu un tsunami dans ce port.
Notre maison construite à cet endroit
a été emportée par la mer.
Mon père a alors emprunté de l’argent
et a fait construire une maison
dans la montagne.
La pêche est devenue
de plus en plus réglementée.
Finalement, il a abandonné son métier.
Quand j’ai quitté cette ville,
j’avais 16 ans.
On disait qu’à Hokkaido, la pêche
au hareng rapportait gros.
Que les pêcheurs
se construisaient des palais.
Alors mon sang de pêcheur
hérité de mon père…
s’est réveillé.
Toi aussi, tu as peut-être
encore un peu de sang de pêcheur.
– Moi ?
– Oui.
Alors, va nager.
Allez.
Allez !
Arrête ! C’et dangereux.
Arrête.
Alors ?
Tenez !
Merci.
– Merci beaucoup.
Où est-il donc passé ?
Chaque année, Yukio nous a envoyé
une carte de voeux
depuis cette adresse, non ?
C’est vraiment bizarre.
J’ai eu beau demander,
personne ne connaît Yukio Nakai.
Bon, déjeunons et on y retourne après.
Inutile.
Même si c’est inutile,
on y retourne.
Inutile.
On y retourne.
Délicieuses, ces nouilles.
Mange.
“Kikuchi”…
Excusez-moi.
M. Nakai habite-t-il
un de ces appartements ?
Non, y a personne de ce nom.
Mais… Chaque année, il nous envoie
une carte de voeux.
Et votre réponse ne vous revient pas ?
– Je ne lui réponds pas.
Paresseux du stylo !
Je déteste écrire.
Je ne connais pas beaucoup
de caractères.
Moi non plus.
J’ai passé ma vie sur les bateaux.
J’ai pas eu le temps
d’apprendre les caractères.
Dis-moi. Tu étais marin ?
Ouais.
C’est très étrange,
cette histoire de Yukio.
Il m’a dit qu’il avait épousé une serveuse,
qu’ils avaient eu un enfant,
et qu’il menait une vie rangée.
Quand vous a-t-il raconté ça ?
Il y a une vingtaine d’années.
Si son enfant est né
il y a vingt ans…
maintenant, il doit avoir vingt ans.
On a le même âge.
Il a 19 ans.
Vraiment ?
C’est ce que m’a dit ma mère.
C’est une fille qu’il a eue ?
Un garçon.
Un garçon de 19 ans…
Ah, oui.
Madame Shimizu,
elle a un fils de cet âge-là.
Shimizu ?
Mais… La mère vit seule avec son fils.
Où habite cette famille Shimizu ?
Au premier étage.
Là-bas ?
J’ai l’impression qu’on ne peut
pas prendre de bain.
Si, on peut.
Ah bon ?
C’est une auberge.
On peut…
Tu veux en prendre un ?
Non…
pas aujourd’hui.
Tu devrais.
J’en ai pris un hier.
Tu en prends tous les jours, non ?
Oui, mais bon…
Il n’y a pas de saké ?
– Pas pour toi.
– Pourquoi ?
– C’est mauvais pour tes jambes.
Je suis devenu un homme sans intérêt.
Autrefois, je buvais beaucoup.
Les femmes me servaient toutes à boire.
Tu me l’as déjà dit.
– Ah bon ?
Plusieurs fois.
Ah bon…
Mange plus vite.
Je viens juste de commencer.
Regarde.
Tu en as encore fait tomber.
Tu as raison.
Chaque grain de riz est précieux.
Ca, c’est pour cette auberge.
Ca, pour les repas demain.
Ca, pour le transport demain,
et ça, pour le retour en ferry.
On n’a pas assez.
Je suis sûre qu’on n’a pas assez.
Ecoute, Haru.
Yukio est le petit dernier.
Mon père et ma mère
l’ont vraiment chouchouté.
Pourtant, il était encore
plus mauvais que moi à l’école.
Il n’a même pas fini le collège.
Toi, tu y es allé ?
Moi ?
Je me suis arrêté en primaire.
Mais ce Yukio,
où a-t-il bien pu passer ?
C’était un type bien.
Il est peut-être à nouveau en prison.
Oui, peut-être.
Il ne doit pas être mort.
S’il était mort, on le saurait.
Tu as raison.
Demain, on va voir ma grand-tante ?
J’espère que ma soeur ainée
est toujours aussi en forme.
Elle va me crier dessus.
Dis, Haru.
Je t’écoute.
Demain, avant de prendre le train,
si on repassait par cet appartement ?
D’accord.
Je me demande si cette Mme Shimizu
n’est pas la femme de Yukio.
Si on laissait tomber, pour Yukio ?
Mais…
Je m’entendais bien avec lui.
– Merci beaucoup !
– Au revoir.
Merci beaucoup.
Si vous voulez encore du riz,
c’est gratuit. Mangez tout votre soûl.
J’en ai assez.
Pour accompagner le reste de votre plat ?
Justement, je voulais
vous demander de me l’emballer.
Grand-père !
– Vous sortez de l’ordinaire.
Les gens ne demandent plus ça de nos jours.
Il ne fallait pas ?
– Si. Je ne disais pas ça méchamment.
Plus personne ne respecte la nourriture.
C’est ce que je voulais dire.
Alors préparez-moi un pique-nique
avec mes restes.
Ca m’économisera un repas.
Grand-père !
Exceptionnellement d’accord.
Je suis désolée.
Grand-père,
tu me fais honte.
Il n’y a pas de quoi avoir honte.
– Salut !
– Te voilà enfin.
– Madame Shimizu !
– Oui ?
– Un menu poisson grillé.
– Tout de suite.
Dis, Haru.
Va lui demander.
Demande-lui si Yukio Nakai est son mari.
Vite.
Mon grand-père le cherche.
Pardon pour l’attente.
Ce n’est pas gênant de fermer ?
Après l’heure du déjeuner,
il n’y a personne.
C’est de plus en plus dur.
Mieux vaut encore fermer.
Je vous en prie.
Vous êtes donc bien l’épouse de Yukio.
Pas son épouse.
Nous ne sommes pas mariés.
Vous vivez en concubinage ?
Et Yukio…
Quand va-t-il sortir de prison ?
L’année prochaine…
dans deux ans ?
Incroyable ! J’ai oublié.
Cette fois, qu’a-t-il fait ?
S’il était vraiment fautif,
j’aurais accepté la situation.
Mais il a pris sur lui
le crime d’un autre.
Le crime d’un autre ?
Quelqu’un qui l’avait aidé autrefois.
Il pensait sortir
au bout de deux ou trois ans.
En fait, pas du tout.
Il en a pris pour huit ans.
Pour un crime qu’il n’a pas commis ?
Et votre fils ?
Il est à Tokyo. Il loue un appartement.
Il étudie dans une classe préparatoire.
Alors la carte de voeux
que mon grand-père reçoit…
C’est moi qui l’écris.
Comment ? C’est vous ?
Vous êtes le seul à qui Yukio
me demande d’envoyer une carte.
Je vois.
C’était donc ça…
Il a toujours été ce genre d’homme.
Toujours attentionné.
Dans la vie, il ne suffit pas
d’être attentionné.
Il ne suffit pas d’être attentionné ?
Peut-être n’est-il capable
de vivre qu’en prison.
Je suis désolée.
Je dois retourner au restaurant.
Non, c’est moi qui suis désolé
de ne pas vous avoir avertie
de notre visite. Pardon.
Merci beaucoup.
Au revoir.
Quand Yukio reviendra,
prévenez-moi, s’il vous plaît.
Chacun a ses soucis.
Mais… Yukio est un type bien.
Je n’en suis pas sûre.
Une femme ne peut pas comprendre ses qualités.
Dis !
Qu’est-ce que tu fabriques ?
Merci beaucoup. Prenez soin de vous.
Merci beaucoup.
– Au revoir.
– A bientôt, je compte sur vous.
Que je suis heureuse de te voir, Haru !
Ca fait très longtemps.
Mais oui, c’est triste.
Viens me voir plus souvent.
Laisse ton grand-père de temps en temps.
– Tadao.
– Vraiment…
Pourquoi ne m’as tu pas appelée
pour me prévenir ?
Le monde ne tourne pas autour de toi.
Il tourne autour de beaucoup d’autres gens.
– Tu as raison.
– Facile à dire !
Je comprends.
– Tu ne comprends pas.
Tu ne comprends absolument pas.
Tu n’as jamais rien compris.
Tu crois ?
jamais tu ne changeras.
Alors ?
Combien de temps restez-vous ?
– Moi, pour toujours.
– Comment ça, “pour toujours” ?
Je voudrais vivre sous ton toit
jusqu’à ma mort.
C’est impossible!
– Pourquoi ?
– Parce que…
Que pourras-tu faire en habitant ici ?
Selon la règle de la maison,
celui qui veut manger doit travailler.
Si tu me coupes du bois,
je ne suis pas contre.
Impossible.
J’ai un problème aux jambes.
Les jambes ne servent à rien
pour couper du bois.
Tu utilises tes bras et tes hanches.
– C’est impossible.
– Alors tu ne restes pas.
A bon ?
Tu peux repartir et me laisser Haru.
Elle, elle peut tout faire.
Comme apprendre à tenir la caisse.
Mais oui.
C’est une bonne idée.
Faisons ça.
Tu repars et tu me laisses Haru.
Eh bien… je ne sais pas.
Je ne veux pas ton avis,
mais celui de Haru.
Je…
Comment ça “je” ?
Tu couves trop ton grand-père.
Tu ferais mieux de le laisser tomber.
Sinon, tu le regretteras toute ta vie.
Ta vie n’appartient à personne.
Tu dois vivre pour toi.
Oui…
Bon, restons-en là pour aujourd’hui.
Où est notre chambre ?
Malheureusement, l’hôtel est complet,
et la chambre d’amis est occupée.
Haru va dormir dans ma chambre.
Toi, dans la pièce des futons.
La pièce des futons, ça me convient.
Même une niche m’irait.
Demain, je te préparerai une chambre.
Inutile. Je peux rester
dans la pièce des futons.
Ne te sens pas brimé.
Haru,
dis-moi, tu travailles bien à la
cantine d’une école, n’est-ce pas ?
Alors tu dois connaître un peu
la cuisine.
Je suis désolée, tu pourrais
te changer et venir m’aider ?
Avec tous ces clients,
je suis débordée.
Je ne sais plus où donner de la tête.
D’accord.
A tout de suite.
Grand-père…
C’est exactement ce que j’avais prévu.
Je te croyais déçu.
Avec ma soeur aînée,
je suis obligé de me faire tout petit.
Yukio, impossible.
Mon grand frère, impossible.
Et puis, ma grande soeur, impossible.
Il ne reste que Michio.
Michio…
– J’apporte les paniers.
– Laisse-les refroidir.
Et sers les légumes dans de petites assiettes.
Bien.
Qu’y a-t-il ?
A rester tout le temps
dans la pièce des futons,
je finis par déprimer.
On nettoie la chambre d’amis,
un peu de patience.
Dis…
Un bar sert un délicieux café.
Tu m’y invites ?
Tu te fais inviter
par ton frère sans le sou ?
De quoi te plains-tu ?
Tu as voulu la vie que tu as.
Bonjour.
– Merci beaucoup.
– Au revoir.
Merci beaucoup.
– Bonjour.
– Bonjour, madame.
Bienvenue.
Ici. Viens ici.
Patron, deux cafés.
Deux cafés.
Délicieux…
J’adore leur café.
Ah bon.
On ne boit du bon café
que dans les bars spécialisés.
Je n’en ai jamais bu.
Toi, tu n’as jamais bu de café ?
C’est la première fois de ma vie.
Etonnant !
Comment le boit-on ?
Avec du sucre et du lait,
selon ton goût.
Quand on ne met rien,
on parle de “café noir”,
c’est pour les connaisseurs.
Moi, je vais le boire
comme les connaisseurs.
Alors ?
Alors ?
A propos d’hier soir…
Ta demande de vivre chez moi…
Tu cherches une solution
en pensant à Haru, n’est-ce pas ?
N’est-ce pas ?
L’école où elle travaillait…
a fermé ses portes.
Alors elle n’a plus de travail ?
Dans notre ville,il n’y a pas de travail.
C’est pourquoi…
Il vaut mieux
qu’elle parte à la capitale.
Avec la crise qu’il y a en ce moment,
même en allant à la capitale,
elle n’en trouvera peut-être pas.
Ce n’est pas faux.
Dis, tu ne voudrais pas
me la confier ?
– Comme tu le proposais hier ?
– Oui.
Ce n’est pas à moi
qu’il faut poser la question.
Si elle en a envie,
je n’y vois aucun inconvénient.
Alors je peux lui en parler ?
Tu lui en as déjà parlé hier, non ?
Cette fois, de façon officielle.
De façon officielle…
Essaie de vivre seul.
Sois courageux.
Jusqu’à présent,
j’ai toujours vécu comme un égoiste.
Comment arriverai-je à vivre seul ?
J’ai survécu à ma femme.
En plus,
ma fille unique est morte.
Moi, je…
Je me demande
si je ne suis pas maudit.
Pourquoi les gens
meurent ainsi autour de moi ?
Je vais être franche.
Ce sont tous tes victimes.
Tu rêvais de pêche au hareng
et tu les as emprisonnés dans ce rêve.
N’emprisonne pas Haru.
Quoi qu’il arrive,
ne l’emprisonne pas.
Je comprends.
Tu ne comprends pas.
Jusqu’à ta mort,
tu ne feras que penser à toi.
Tu es un véritable idiot.
Je te le répète.
Fais en sorte que Haru
ne soit pas une de tes victimes.
Il fait froid, grande soeur.
Il faut aérer une fois par jour.
Prends un peu sur toi.
Tiens ?
Grand-père, tu es rentré ?
Pardon !
Je te l’avais enlevé.
Elle m’a sérieusement sermonné.
Haru, je peux te parler ?
Haru.
Assieds-toi là. J’apporte du thé.
– Je vais le faire.
– Non, assieds-toi.
Ton grand-père est actuellement
dans une passe difficile.
Je le comprends.
Il a perdu sa femme.
Ensuite, sa fille unique
lui a fait vivre un véritable cauchemar.
En plus, il doit maintenant
se séparer de toi.
Mais tu sais,
je pense qu’il est important
de vivre des choses difficiles.
Particulièrement pour lui.
Pour son bien, nous devons être fermes
et l’abandonner à son sort.
Moi, j’ai connu de nombreuses
périodes difficiles.
Quand mon mari est mort.
Et puis lorsque l’auberge
a commencé à péricliter,
je me suis demandé
si je n’allais pas vendre.
Quand on a des employés,
cette situation est fréquente.
Même maintenant, tout n’est pas facile.
Je dois trouver un successeur.
J’y pense sans cesse.
Mais tu sais, je me dis que
les difficultés me gardent en vie.
Cette façon de penser
me soulage énormément.
Et les soucis que j’avais
deviennent insignifiants.
La vie…
est ainsi faite.
Alors, Haru, abandonne Tadao.
C’est mieux.
Abandonne-le
pour qu’il puisse vivre seul.
Se comporter ainsi,
c’est agir pour son bien.
A vrai dire,
c’est moi qui lui ait suggéré
de demander à sa famille de l’héberger.
Mais j’ai complètement changé d’avis.
Maintenant, je veux rester
avec lui pour toujours.
quoi qu’il arrive,
je ne veux pas le quitter.
Justement, c’est une mauvaise idée.
Mauvaise idée pour toi
et mauvaise idée pour lui.
Ecoute, Haru,
que dirais-tu de travailler ici ?
N’aurais-tu pas envie
de faire un essai
dans le but de me succéder ?
Est-ce que je dois
vous répondre tout de suite ?
Je préfèrerais, oui.
Tu as parlé avec ta grand-tante ?
j’ai refusé.
Ah bon ?
Je ne veux pas.
Je ne veux pas te quitter.
Je pensais que c’était mieux
mais j’ai réfléchi.
Et je ne le veux plus.
Demain, allons voir Michio.
Allons lui rendre visite et rentrons.
YAKITORI, ODEN
Bonsoir.
Il pleut.
Pardon, Haru.
Tadao.
Cesse donc de te faire chouchouter
par Haru.
D’accord.
Je te le demande.
– Haru.
– Oui.
C’est dommage,
mais je me suis résignée.
Je suis désolée.
Sois courageuse.
Toi aussi.
Allez-y.
Merci pour votre accueil.
On ne se reverra peut-être jamais.
Reste toujours ma courageuse grande soeur.
J’en ai bien l’intention, évidemment.
Au revoir.
Au revoir !
Grand-père.
Tu peux m’attendre ici ?
– Quoi ?
– Je vais téléphoner à Michio.
Pourquoi ?
On va devoir dormir chez lui.
Aujourd’hui, dormons à l’hôtel.
On n’a plus d’argent.
Pour une fois qu’on est dans une grande ville.
Allez, viens.
Comment faire ?
On n’a plus que ça.
Allons-y.
je suis désolé, l’hôtel est complet.
Vraiment ?
Complet aussi.
Il faut encore marcher ?
J’en ai assez de marcher.
En plus, mes jambes me font mal.
Je vais appeler un taxi.
Non, avant d’appeler un taxi taxi,
il faut trouver un endroit où loger.
Alors tu m’attends ici ?
Je vais continuer à chercher.
J’ai faim.
Je ne veux pas t’attendre longtemps.
Je sais !
Excusez-moi.
Auriez-vous une chambre
pour deux personnes ?
Malheureusement, l’hôtel est complet.
Je ne peux pas vous donner de chambre.
Pourquoi ?
Pourquoi tous les hôtels sont complets ?
Il y a un congrès.
Un congrès ?
Excusez-moi.
Auriez-vous une chambre pour deux personnes ?
Tu en as mis, du temps.
Tous les hôtels sont complets.
Il paraît qu’il y a un congrès.
C’est quoi, ce congrès ?
Un congrès, c’est un congrès.
Oui, mais c’est quoi, ce congrès ?
Si tu ne le sais pas,
comment veux-tu que je le sache ?
Alors allons dormir chez Michio.
C’est maintenant que tu me dis ça ?
Va vite lui téléphoner.
D’accord.
Ton carnet d’adresses.
Mon carnet d’adresses ?
Vite.
Alors ?
“Le numéro que vous composez n’est
plus en service actuellement.”
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Mais pourquoi ?
Je n’en sais rien !
Alors que fait-on ?
On reste ici jusqu’à demain matin.
Ici ?
Je n’ai pas d’autre solution.
Ici jusqu’à demain matin ?
Tu ne manges pas ?
Régime.
Ah bon ?
Monsieur.
Je suis profondément désolé,
mais…
Lève-toi, grand-père.
Je n’en peux plus.
On n’a pas le choix.
Je ne veux plus avancer.
Alors que fait-on ?
Porte-moi.
Non !
– Porte-moi.
– Pas question !
Bon, fais ce que tu veux.
Haru !
Quoi ?
Tu m’abandonnes ici ?
Tu vas m’abandonner ici ?
Exactement !
Je t’abandonne !
– Je vais mourir comme un chien ?
– Exactement !
Très bien… Je…
je vais mourir.
Je… Je vais mourir.
Arrête !
– Je vais mourir !
– Arrête !
Arrête !
A quoi bon continuer à vivre ?
Pourquoi donc continuer à vivre…
Je vais mourir !
Grand-père !
Grand-père !
Grand-père !
Je suis lamentable…
Grand-père !
Grand-père…
Ca a changé.
Ca a complètement changé.
Tu te répètes.
Tu n’arrêtes pas de le dire.
Oui, ça a complètement changé.
Dans ce quartier,
il y avait des maisons
particulières et des magasins.
Grand-père !
Quoi ?
L’adresse, c’est ici.
Il n’y a rien.
Mais c’est ici.
Que s’est-il passé ?
Je n’en sais rien.
Que s’est-il passé ?
C’était une grande maison.
et il y avait marqué :
“Utsugi Immobilier”
sur une enseigne.
Utsugi ?
Le nom de jeune fille de sa femme.
Quand son beau-père est décédé,
il a repris son affaire.
Il paraît que sa société
était prospère.
Je vais demander où il a déménagé.
C’est bizarre…
Excusez-moi !
Que s’est-il passé ?
C’était ici…
Michio !
C’est moi ! Tadao !
Ouvre !
Grand-frère ?
Salut.
Que fais-tu ici ?
On peut entrer ?
Dis-leur de s’assoir.
Pas la peine.
Arrête.
Ils repartent tout de suite.
Ne leur sers ni thé ni eau.
De l’eau.
il fait froid !
Vous dites tous la même chose.
Je n’ai pas vendu
la maison et le terrain
parce que j’avais des soucis financiers
mais parce que pour commencer
une nouvelle vie,
je voulais me préparer correctement.
J’ai du fric à plus savoir qu’en faire.
Je compte bien devenir
le roi de l’immobilier.
Alors pour le moment,
j’habite cet appartement minuscule
et je fais le mort.
Je lis ce journal d’un bout à l’autre
et j’ai l’intention d’anticiper
l’évolution de la situation économique.
Tous les gens doivent faire comme moi.
Les hommes politiques aussi.
Il faut observer
les mouvements du monde,
lire ce genre de journal
et sans précipitation, à l’affût,
attendre une nouvelle opportunité.
Et voilà…
C’est ce que je fais.
Bien.
j’ai entendu ta demande.
Tu m’as soûlé avec tes jérémiades
dès le matin
et je n’ai pas déjeuné.
Tu n’as absolument pas changé.
Ton caractère, depuis tout petit,
il n’a jamais changé.
Tu as toujours été comme ça.
Rien à faire.
Tu ignores tout de la vie.
C’est ce qui m’a toujours déplu
chez toi.
C’est bien d’être têtu.
Du moment que tu l’assumes.
Si tel était le cas,
on reconnaîtrait tes qualités.
Mais tu montres d’emblée
tes faiblesses.
Et tu te plains.
C’est pitoyable !
Je trouve…
que tu te comportes en égoïste.
Tu as toujours ignoré
tes frères et soeur
et malgré ça, tu demandes l’aide
de notre grand frère
et de notre grande soeur.
Et maintenant, tu te tournes vers moi.
L’idée vient de moi.
Quand une jambe ne fonctionne plus…
on l’ampute, non ?
En général.
Et quand vient le tour de l’autre jambe,
on l’ampute aussi.
Si tu étais venu dans cet état,
je t’aurais bien accueilli.
quand on est invalide,
on peut demander de l’aide.
Là, tu es plutôt valide,
et tu te comportes en enfant gâté.
Je ne ferai rien
pour aider un type comme toi.
Je préférerais donner de l’argent
aux mutilés de guerre
qu’on voyait mendier autrefois.
Tu faisais le fier, toi.
Et maintenant, tu n’as pas honte
de te présenter devant moi.
Abruti !
Dis-donc ?
Tu viens de me traiter d’abruti ?
Exactement.
Quoi ?
Tu veux que je répète ?
Autant de fois que tu veux.
Abruti, abruti !
A-bru-ti !
Abruti toi-même !
Je suis ton grand frère !
Parle-moi mieux que ça !
– Grand-père !
Abruti.
Grand-père !
Abruti ! Abruti !
Ma tante !
Je suis désolée.
C’est moi.
Pardon pour tout ce qu’il a dit.
Ce n’est rien.
Mais…
C’est bien qu’ils puissent encore
se battre à leur âge.
Et puis…
Michio a de bons côtés.
Quand il m’a dit
de vous réserver une suite,
je suis à nouveau
tombée amoureuse de lui.
Ca ne posera pas de problème ?
En réalité, nos économies sont très maigres.
Mais ce n’est pas grave.
Nous n’avons pas d’enfant.
Nous ne sommes que deux
à devoir manger.
Ma tante…
Au revoir.
Reviens nous voir.
Tu seras la bienvenue.
Au revoir. Merci beaucoup.
Au revoir.
Au revoir.
Tout est réglé.
On va manger un morceau ?
C’est un échec.
Un échec total.
Haru.
Moi… Je vais rester à la maison.
– Mais toi…
– Ne parle plus de ça.
– Mais quand même…
– Je ne veux rien entendre.
Mais quand même…
Grand-père.
D’un seul coup,
j’ai envie de voir mon père.
Jusqu’à maintenant, je n’en avais
jamais ressenti le besoin.
En te voyant retrouver
tes frères et soeur,
j’ai commencé à t’envier,
et j’ai eu envie de voir mon père.
Tu m’accompagnes ?
Je voudrais le voir.
Je veux voir mon père.
Grand-père !
Grand-père !
Grand-père, ne meurs pas !
Grand-père !
Grand-père !
Qu’est-ce qui te prend ?
Qu’est-ce qui t’arrive, Haru ?
Tu m’as fait peur.
Merci d’être vivant…
Merci…
Qu’est-ce qui t’arrive, Haru ?
Merci…
Quand on va bien,tout va bien.
Quand on va mal, tout va mal.
C’est ainsi.
N’est-ce pas, mon amour ?
Grand-père, mange.
Mange.
Faites attention !
Grand-père, ça va ?
Grand-père.
Qu’y a-t-il ?
On repart.
Après avoir fait tout ce chemin ?
Tu es Haru, n’est-ce pas ?
Enchantée.
Pourquoi me connaissez-vous ?
Excusez-moi,
cette oreille ne fonctionne pas.
Tu peux répéter ?
Pourquoi me connaissez-vous ?
Je t’ai vue en photo.
Vous vivez avec mon père ?
Je suis Nobuko.
Je ne savais pas…
J’avais envie de te connaître.
Mon grand-père.
Je vous en prie !
Je vous en prie.
Je vais les prendre. Merci.
Par ici.
allez, Haru.
Tenez.
Assieds-toi.
Servez-vous.
Tu le savais, grand-père ?
Lors de la troisième commémoration
de la mort de ta mère,
ton père m’a dit
qu’il avait rencontré une femme
qu’il voulait épouser.
ah bon…
Il ne savait pas du tout
s’il valait mieux t’en parler ou non.
Il aurait mieux fait
de me le dire.
A l’époque…
tu venais d’entrer au lycée.
A cet âge-là,
les adolescents sont fragiles.
Je le suis toujours.
Tu as raison.
Ca m’a blessée.
Ne dis pas ça.
Tenez.
– Merci beaucoup.
– De rien.
Chéri…
Haru et son grand-père sont ici.
Haru…
– Heureuse de te voir.
– Moi aussi.
Père, content de vous voir.
Je suis désolé,
on est arrivés sans prévenir.
Ce n’est rien, ne vous inquiétez pas.
Asseyez-vous.
Je vous en prie.
Je vais faire un tour dans le coin.
Grand-père !
Ca fait si longtemps.
Vous parlerez tranquillement.
A tout à l’heure…
Vous n’avez pas froid ?
Non, ça va.
Vous vous appelez Nobuko, n’est-ce pas ?
Nobuko…
Comment puis-je vous appeler ?
Je ne sais pas…
Je peux vous appeler “père” ?
Ce n’est pas une bonne idée.
Si votre vrai père vous entend,
il sera fâché.
Je n’ai pas de père.
Je suis fille unique,
élevée par une mère célibataire.
Exactement comme Haru.
Ah bon ?
Je ne pensais pas que tu viendrais.
Moi non plus,
je ne pensais pas venir.
Je pensais…
que je ne te reverrais jamais.
Je n’en avais pas envie.
C’est sans doute la dernière fois.
La première et la dernière.
Vraiment ?
Elle ressemble à maman, hein ?
Nobuko ?
On dirait son sosie.
Papa, tu aimais maman.
Alors pourquoi as-tu divorcé ?
Cette question te déplaît ?
Mais moi, j’ai le droit de te la poser.
Moi seule, j’ai le droit.
Il n’y avait pas vraiment de raison.
On ne se sépare pas
pour une raison précise.
On ne s’entendait plus, c’est tout.
Je ne comprends pas.
Ce n’est pas grave.
Je suis vraiment désolé pour toi.
Tu as dû beaucoup souffrir.
Je ne veux pas entendre ça !
Pas d’excuses !
Je sais la vérité.
Elle t’a trompé.
Elle avait un amant.
Tu ne lui as pas pardonné.
C’est ça, hein ?
Je le sais !
J’étais encore une enfant
mais je savais tout !
Elle avait trouvé
un petit boulot dans un bar.
Elle rentrait de plus en plus tard.
De temps en temps, un homme
la raccompagnait en voiture.
Une fois, tu l’as frappée.
Tu aurais pu la tuer.
Après, tu es parti.
Et tu n’es jamais revenu.
après l’école, je suis allée
plusieurs fois à la mairie.
Mais tu avais démissionné.
Ne parlons plus de tout ça.
Dis, papa…
Ne peut-on pas réparer ses erreurs ?
Les gens ne pensent-ils toujours qu’à eux ?
Et bien…
Haru…
Maman…
Elle voulait que tu lui pardonnes.
Et puis…
Et puis…
Mais… Elle a compris que tu
ne lui pardonnerais jamais.
Et elle est allée se noyer.
Père…
Qu’y a-t-il ?
Si vous le souhaitez, père…
vous pouvez vivre avec nous.
Pour toujours.
C’est impossible.
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce impossible ?
C’est impossible.
Je ne vous connaissais pas…
mais je…
j’ai l’impression…
que vous pourriez être mon vrai père.
Je ne me souviens pas de son visage.
Mais…
j’en ai une idée très vague.
Enfin, peu importe.
Je…
J’ai l’impression…
que vous êtes…
mon véritable père.
Alors si le coeur vous en dit,
restez ici.
Avec nous pour toujours.
Qu’en penserait Shinichi ?
Shinichi…
Il me parle souvent de vous.
Il a été obligé
de couper les ponts avec vous.
Il m’a dit que c’était son seul regret.
Il vous aime beaucoup.
Il vous aime vraiment beaucoup.
Un lien peut se nouer
en dehors de toute parenté.
Le plus important est de bien s’entendre.
Merci.
Votre intention me suffit déjà.
Haru.
Grand-père.
Quoi ?
Tu es au bord des larmes ?
Pas du tout.
Dis, Haru.
Si on s’en allait…
en cachette ?
J’allais te le proposer.
On s’entend bien,
tous les deux, hein ?
RESTAURANT IZUMI
NOUILLES SOBA ARTISANALES
Elles sont bonnes, ces nouilles, hein ?
Tu es déjà venu ici ?
Il y a très longtemps.
J’y suis venu il y a très longtemps.
A l’époque, tu n’étais pas encore née.
Les grands-parents de Shinichi
étaient encore en vie.
Ta mère était enceinte de toi.
On est allés saluer
ses beaux-parents dans leur ferme.
On leur a demandé
d’accepter le mariage
pour le bébé à naître.
Ils ont refusé catégoriquement.
Moi, je ne savais plus quoi faire.
Sur le chemin du retour,
on s’est arrêtés ici avec ta mère.
Je m’en souviens encore.
Ta mère…
au milieu de ses nouilles…
laissait tomber de petites larmes.
Alors…
moi…
je lui ai dit :
“Si tu continues à pleurer,
tes nouilles seront trop salées.”
Ne blâme pas ton père.
Il a quitté ses parents…
pour aller vivre avec ta mère.
Je sais tout ça.
Je le sais !
Grand-père.
Je resterai toujours avec toi.
Que ce soit à la mairie,
à l’usine de poissons,
dans les vergers…
je trouverai du travail dans notre ville
et je vivrai toujours avec toi.
Un jour…
je rencontrerai un homme.
Mais…
s’il ne veut pas vivre avec toi,
je le quitterai sans hésiter.
Je trouverai un homme qui t’accepte.
Alors, grand-père, sois rassuré.
Nous…
on ne se séparera jamais.
Tu as compris ?
Ce train est à destination
de Mashike.
Prochain arrêt :
Mashike, terminus.
Grand-père ?
Grand-père !
Oeuvre originale, scénario,
réalisation : Masahiro KOBAYASHI
Avec :
Tatsuya NAKADAI
Eri TOKUNAGA
Hideji OTAKI
Kin SUGAI
Kaoru KOBAYASHI
Yuko TANAKA
Chikage AWASHIMA
Tetsuya YAMAMOTO
Nana NAGAO
Akira EMOTO
Jun MIHO
Naho TODA
Teruyuki KAGAWA
Producteur exécutif : Naoshi YODA
Producteurs :
Muneyuki KII
Naoko KOBAYASHI
Producteurs associés :
Sakura WAKITA
Masahiro KOBAYASHI
Directeur de production :
Junya KAWASE
Musique: Junpei SAKUMA
Image : Kenji TAKAMA
Lumière : Masamichi UWABO
Direction artistisque :
Teru YAMAZAKI
Son : Shin FUKUDA
Montage : Naoki KANEKO
Assistant réalisateur :
Kazuhiko ISHIDA
Effets sonores : Mitsuru SEYA
Costumes : Takayuki SUZUKI
Habilleuse : Masae MIYAMOTO
Maquillage : Midori ONUMA

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